Les cultures à bas niveau d’impact sur la ressource en eau

Priorité aux cultures à bas-niveau d’impact sur la ressource en eau

En Grand Est, plus de 700 captages d’eau potable sont concernés par des pollutions diffuses d’origine agricole, principalement liées aux nitrates et aux pesticides. Pour préserver durablement la qualité de la ressource en eau, de nombreux leviers sont mobilisés. Parmi eux, le développement de systèmes de culture limitant les risques de pollution constitue une priorité.

Les cultures à bas niveau d’impact (BNI) sur la ressource en eau regroupent les cultures et systèmes de culture qui nécessitent peu, voire pas, de fertilisants et de pesticides. En réduisant les intrants, elles limitent les transferts de polluants vers les milieux aquatiques et contribuent à la protection de la qualité de l’eau.

L’implantation ou le maintien de prairies, de cultures en agriculture biologique et d’autres cultures à bas niveau d’impact, comme le chanvre, le sarrasin, le sainfoin, la luzerne ou le miscanthus, représente ainsi une solution efficace pour préserver les aires d’alimentation de captages et sécuriser durablement les ressources destinées à l’alimentation en eau potable.

Pour accompagner le développement de ces pratiques et structurer les filières associées, la Région Grand Est et les Agences de l’eau Rhin-Meuse, Rhône Méditerranée Corse et Seine-Normandie ont lancé conjointement, en 2018, un appel à manifestation d’intérêt (AMI). Cet AMI « soutien aux filières favorables à la protection de la ressource en eau » aide des projets favorisant l’émergence de filières durables, au bénéfice de la qualité de l’eau, des territoires et de l’économie locale. Face à son succès, il est reconduit chaque année depuis son lancement.

 

Zoom sur l’AMI Filières favorables à la ressource en eau

L’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Soutien aux filières favorables à la protection de la ressource en eau » est porté conjointement par la Région Grand Est et les Agences de l’eau Rhin-Meuse, Seine-Normandie et Rhône Méditerranée Corse.

Ce dispositif offre aux porteurs de projet un point d’entrée unique pour déposer leur candidature. Les partenaires financeurs instruisent ensuite les dossiers de manière coordonnée afin de proposer un accompagnement adapté à chaque projet et d’optimiser la mobilisation des financements disponibles.

L’AMI soutient le développement de filières fondées sur des cultures à bas niveau d’impact (BNI) dans les territoires où la préservation de la ressource en eau constitue un enjeu majeur. Il accompagne des projets couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production agricole jusqu’à la transformation et à la valorisation des matières premières.

Parmi ses grands objectifs notamment : le maintien et la remise en place de surfaces en herbe et des surfaces en agriculture biologique, et l’émergence et l’accompagnement des filières biomasse.

Les projets soutenus s’inscrivent dans trois objectifs complémentaires :

  • Accompagner la transition des exploitations agricoles vers des productions plus respectueuses de la ressource en eau, tout en renforçant la compétitivité des entreprises agroalimentaires.
  • Développer et consolider les filières agroalimentaires et biosourcées, en soutenant les investissements nécessaires à chaque étape de la chaîne de valeur.
  • Structurer des débouchés durables, afin de sécuriser l’approvisionnement des industriels en matières premières issues de productions à faible impact et de favoriser le développement de produits répondant aux attentes du marché et aux enjeux de transition.

Retrouvez ici le règlement de l’AMI 2025

Le règlement de l’AMI 2026 arrive prochainement (ouverture AMI 2026 fin septembre).

Découvrez l'AMI Filières en vidéo

Depuis 2018, l'AMI Filières à bas niveau d'impact c'est

161

projets aidés en Grand Est

25,7

millions d'euros d'aide versés

110 000

hectares de surfaces en BNI développées et maintenues

Près de 2 000

exploitants agricoles engagés

Des exemples de projets inspirants

Filière laitière (88)

En 2018, le CGA LORRAINE (actuel BIO en Grand Est), accompagne le GIE BIOTOP (4 exploitants) dans la construction d’une filière lait de foin AB, de la production à la vente en circuit court. Les premiers fromages sortent en 2021 pour test. En 2022, le GIE investit dans une cave d’affinage commune.

Aide sollicitée (2018) :

  • Études de faisabilité : collecte du lait,
    dimensionnement, transformation et affinage,
    création marque
  • Animation : recherche de partenariat, coordination,
    voyage d’études, formation des producteurs…
  • Projet 52 000€ – 76 % d’aides

Aide sollicitée (2022) :

  • Investissement : cave d’affinage
  • Projet 265 000€ – 45 % d’aides

BILAN : 400 hectares d’herbe labellisés.

Filière biomasse (51)

En 2020, la collectivité Epernay Agglo Champagne, lance une étude de faisabilité de développement de filières à bas niveau d’impact. L’étude souligne le potentiel de débouchés en chanvre et miscanthus sur ce territoire. À la suite de ce travail, la collectivité a souhaité structurer un dispositif de paiements pour services environnementaux afin d’aider les agriculteurs à la production de ces cultures sur le territoire (en cours).

Aide sollicitée (2020) :

  • Étude de faisabilité
  • Projet 54 000€ – 80 % d’aides

BILAN : Potentiel identifié auprès de transformateurs du territoire de 3 000 hectares de chanvre + 400 hectares de miscanthus.

Filière alimentaire chanvre AB (67)

La diversification des cultures dans les rotations a conduit le Comptoir Agricole, coopérative du territoire, à se doter d’outils de tri, séchage et stockage, permettant notamment de trier les
graines de chanvre, et d’autres cultures AB.

Aide sollicitée (2021) :

  • Investissements dans ces outils
  • Projet 220 000€ – 40 % d’aides

BILAN : jusqu’à 1 500 hectares de céréales AB stockées, 60 hectares de chanvre trié.

Ces nouveaux outils disponibles sur le territoire profitent aujourd’hui à d’autres entreprises de l’agroalimentaire telles que Chanvr’eel (graines et huile de chanvre et oléagineux), Moulin des Moines (blé, épeautre, sarrasin…), Graines d’Alsace (pois chiche, lentille…), Est Ali bio (alimentation animale).

Filière viande à l’herbe

En 2020, l’interprofession INTERBEV Grand Est expérimente le développement du référentiel HVE de niveau 3. Cette expérimentation, qui vise à développer de nouveaux marchés rémunérateurs pour la viande bovine auprès de la restauration hors domicile, est une première en France.
Cette expérimentation a été réalisée sur 3 ans en partenariat avec les différentes organisations de producteurs, chambres d’agriculture, Grand Est Qualité Viande et l’organisme certificateur Qualisud. En parallèle des certifications, INTERBEV a œuvré à trouver des débouchés rémunérateurs. Un second projet a débuté en 2024, du fait des bons résultats obtenus avec la première expérimentation.

Aide sollicitée (2020) :

  • Animation pour les audits d’exploitation
  • Projet 826 000€ – 80 % d’aides

BILAN : 384 exploitations labellisées soit près de 57 000 ha d’herbe maintenus.

Aide sollicitée (2023) :

  • Animation pour les audits d’exploitation
  • Projet 1 000 000€ – 60 % d’aides

OBJECTIF : Plus de 600 exploitations labellisées.

Une cartographie interactive est à votre disposition pour découvrir les différentes actions mises en place en Grand Est.

Visualisez les projets financés de l’AMI Filière