Restauration des fonctionnalités du Canal du Rhône au Rhin déclassé
Après plus de 60 ans d’inactivité sur une partie de son tracé, le canal du Rhône au Rhin entre Artzenheim et Friesenheim en Alsace retrouve une nouvelle dynamique. Porté par la Région Grand Est, ce projet ambitieux vise à transformer les 25 kilomètres du canal en un espace naturel, écologique et attractif, conciliant préservation de la biodiversité, gestion durable de l’eau, transition énergétique et développement d’un tourisme respectueux de l’environnement.
Localisation
Alsace (Bas-Rhin et Haut-Rhin), entre Artzenheim et Friesenheim.
Linéaire concerné
25 kilomètres de canal.
Écluses
11 écluses, numérotées de la n°64 à la n°74, auxquelles s’ajoute la nouvelle écluse 74 bis.
Biefs
12 biefs reliant les différentes écluses.
Zones humides
27 zones humides latérales, développées au fil du temps grâce aux fuites du canal et aujourd’hui intégrées aux enjeux de préservation et de restauration écologique.
Patrimoines arborés
1100 arbres remarquables préservés.
Un projet conciliant enjeux environnementaux et territoriaux
Le canal constitue un corridor écologique stratégique entre l’Ill et le Rhin. Sa restauration permettra de renforcer les continuités écologiques et de préserver les habitats naturels présents sur le territoire.
Les actions prévues comprennent notamment :
- la préservation des zones humides et leur alimentation durable en eau,
- la protection d’arbres remarquables et la restauration du patrimoine végétal avec des plantations adaptées au territoire,
- le confortement de la trame verte et bleue autour du canal et sur les corridors écologiques adjacents afin de favoriser la circulation de la faune,
- l’amélioration de la recharge de la nappe phréatique,
- la mise en place de solutions hydroélectriques discrètes permettant une production d’énergie renouvelable locale.
En parallèle, la réhabilitation du canal permettra de développer une nouvelle offre de navigation douce entre Strasbourg et Colmar, contribuant à l’attractivité touristique et économique du territoire. A cet effet, le projet prévoit également :
- l’aménagement d’espaces dédiés aux loisirs et à la pêche,
- la création de haltes fluviales,
- la mise en place de pontons accessibles PMR, d’aires de pique-nique…
À terme, le canal contribuera au développement d’un tourisme durable et à la dynamisation économique des communes traversées.
Un projet réalisé en deux phases
Une première phase consacrée à la création d’ouvrages et la remise en état des ouvrages existants ainsi qu’à l’imperméabilisation d’un bief
Cette première phase comprend notamment :
- la rénovation de 11 écluses existantes et leur automatisation,
- la création d’une nouvelle écluse à Friesenheim,
- l’imperméabilisation d’un premier bief à Artzenheim,
- la mise en place d’un premier ouvrage d’alimentation pour le maintien d’une zone humide,
- le remplacement du bouchon d’Artzenheim par un dispositif de sectionnement intégrant une passerelle.
Cette phase a débuté en 2024 et se poursuit jusqu’en 2026.
Une seconde phase dédiée à l’imperméabilisation complète du canal et à sa remise au gabarit Freycinet
Cette phase comprend notamment :
- l’imperméabilisation du reste des biefs sur environ 23 kilomètres,
- la végétalisation des berges et actions de renforcement de la trame verte et bleue latérale au canal,
- les opérations nécessaires à la remise au gabarit du canal,
- la création d’équipements pour les usagers (zones d’amarrage, pontons accessibles pour les pêcheurs…),
- la poursuite de pose d’ouvrages d’alimentation en vue de maintenir les zones humides et favoriser la recharge de nappe.
L’ensemble du projet est préparé par un important programme d’études environnementales portant notamment sur les zones humides, la faune, la flore et les habitats naturels en présence.
Un projet exemplaire en matière de protection de l’environnement
La protection des milieux naturels constitue un élément central du projet. Chaque intervention fait l’objet d’une analyse environnementale et d’un accompagnement par un écologue afin de limiter au maximum les impacts sur la faune et la flore. Les choix techniques des travaux font l’objet d’analyses multicritères afin de privilégier les solutions les moins impactantes pour les milieux naturels (réutilisation de palplanches existantes, intervention par la voie d’eau…). Par ailleurs, des mesures sont mises en place à l’amont et durant les travaux pour s’assurer de l’absence d’impacts.
Un projet financé par des partenaires engagés
La première phase du projet est financée par la Région Grand Est avec le soutien du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural).
La seconde phase associera plusieurs partenaires financiers, dont la Région Grand Est, le FEDER (Fonds européen de développement régional), la Collectivité européenne d’Alsace et les établissements publics de coopération intercommunale concernés.